km 4295 : Au garage
Ecrit par Kévin, le lundi 14 septembre 2009 à 10:26
Le 10 septembre, 17h00 le soleil, que je n ai pas vu de la journee, fait sentir qu il decline. J arrive a Lima par l autoroute, je l avais commence par celle de Buenos Aires a 6h30 le 18 juin, la parenthese se referme. Ces derniers jours sentaient comme un retour de vacance, fin aout, on prend la longue route qui remonte du midi, le ciel presente deja son uniforme gris, on mange des sandwich sans gout sur les airs d autoroute, les gosses n ont plus la force de piailler, on revie ce que l on a vecu, c est la rentree et du coup on a envie de rentrer, vite.
C´est donc la fin du voyage, il en faut une c est ce qui le differencie de l errance. Entre ces deux points j ai vecu pleins de choses, enormement de bonnes, quelques mauvaises (irremediablement inclus dans le package).
Ce fut d´abord une aventure morale, lorsque je pouvais ne pas focaliser mon attention sur ma securite je laissais mon esprit circuler dans des endroits abstraits, concrets, bref je pensais... D ailleur combien de temps par jour passons-nous a penser ?
Ce fut egalement une aventure physique (un peu), ou je fus etonne par ma resistance a l effort, et j´ai pris beaucoup de plaisir a grimper des cols pendant des heures pour voir enfin apres un nieme virage la route s enfonçait dans le vide.
J´ai pu aussi constater l´universalite de l´humain, malgre des traditions, phenotypes, langues differentes, on est tous attire par les memes buts : trouver un moyen de survivre, vivre, se divertir avec des plaisirs (parfois coupables), se construire, trouver quelques partenaires, et se continuer (faire des gosses quoi). Et si l´humain est universel, je crains que le monde soit profondement entache par la culture occidental, ou que l on aille, beaucoup de choses transpire la vieille europe, ce qui est dans un sens rassurant et dans un autre un peu deprimant.
Ce fut surtout une contemplation de la nature, parfois un dialogue violent, mais j ai eu la chance de voir une palette de paysage assez large grace aux variations topographiques qu offre cette amerique du sud, egalement une variete de climat (gelee, pluie, grele, neige, chaleur ettoufante, vent...) mais il y a des lumieres, des sons, des senteurs qui resteront imprimes dans ma memoire, bref, un concentre de couleurs que je laisserais lentement infuser pour edulcorer la grissaille des jours a venir.
Et il y a eu le velo biensure, un bon moyen de voyager, lentement, vous assurant un capital sympathie, pour passer dans des lieux qui sont effaces de la carte des guides touristiques : tous ces paysages, ville et villages qui se retrouvent ocultes entre deux terminaux de bus. Cela offre un liberte plutot ennivrante : se rendre vraiment la ou on veut, a condition d avoir du temps... Puisque il y a bien une vertue que l on est oblige d acquerir, et peut etre que temporairement, lorsque l on voyage a velo, c est la patience. Et en plus on peut redevir bipede quand on le souhaite. Alors c est quand que vous grimpez sur votre monture ?
Enfin pour conclure je citerais Faulkner qui disait : " Le supreme degre de sagesse est d avoir des reves assez eleves pour ne pas les perdre de vue pendant qu on les poursuit." Alors mes demoiselles, mesdames, monsieurs, a vos reves... Partez !






